Vous souvenez-vous quand, il y a deux ou trois ans, Gartner avait annoncé la fin des répartiteurs de charges ? A l’époque, leurs analystes déclaraient que désormais tout tournerait autour des applications, et qu’il était temps de se focaliser sur la mise à disposition d’applications, sur les performances, la disponibilité et la sécurité des applications Web. En clair, qu’il fallait désormais révolutionner non pas uniquement la répartition de charges, mais également le délestage SSL, l’accélération du chiffrement, la répartition de la charge globale, les pare-feu applicatifs, et bien plus encore.

Deux ou trois ans, c’est beaucoup dans une vie de chien ou de chat, mais c’est carrément une éternité dans une vie d’informaticien ! Il est maintenant temps de creuser une autre tombe. Car l’heure a désormais sonné pour les contrôleurs de mise à disposition d’applications.

Mais la grosse différence, cette fois-ci, c’est la cause du bouleversement. Lorsque la répartition de charges a pris des stéroïdes et s’est musclée pour se transformer en mise à disposition d’applications, il s’agissait d’une évolution voulue par les directions informatiques et destinée aux directions informatiques. L’idée était que ce qui était important, ce n’était plus les serveurs Web eux-mêmes, mais les applications Web qui transitaient dessus. La révolution de la mise à disposition d’applications a pu s’opérer parce que le volume de données Internet faisant plus que doubler chaque année, le Web n’était plus un simple outil mais bel et bien l’épine dorsale de l’entreprise. Tout tournait désormais autour des applications, et les périphériques, les réseaux et les datacenters gérés par l’entreprise étaient au service de ces applications. Mais cette révolution se passait en coulisses. Pour les utilisateurs, elle était totalement invisible.

Or, les récents bouleversements ne sont pas seulement perceptibles par les utilisateurs, ils sont générés par eux. Ces utilisateurs apportent une pression importante sur les directions informatiques, et deviennent parfois même une menace pour leur survie. Leur destin pourrait bien dépendre de la façon dont elles répondront à ce nouveau défi.

Les forces qui réécrivent les règles aujourd’hui sont dirigées par les utilisateurs. Elles ne risquent pas uniquement de donner un surcroît de travail aux directions informatiques, elles menacent carrément de les rayer de la carte pour les reconstruire différemment ou les détruire. Souvenez-vous ce qui s’est passé lorsque Internet est arrivé dans les entreprises. Les directions informatiques les plus visionnaires ont compris rapidement comment accompagner et accélérer le changement et ont rendu leurs utilisateurs et leur entreprise plus efficaces. Les autres sont restées sur le bord du chemin et ont regardé leurs utilisateurs impuissants jusqu’à ce que leur infrastructure informatique devienne totalement inadaptée. Ou pire, elles ont réussi à résister efficacement contre la marche du temps, jusqu’à ce que l’entreprise elle-même meure du fait de son inefficacité.

Les nouvelles technologies qui ont permis la révolution de l’internet en entreprise (la virtualisation du datacenter, l’optimisation des capacités et des processus informatiques) visaient à permettre aux directions informatiques de délivrer la meilleure expérience possible, à l’aide des périphériques qu’elles géraient et mettaient à la disposition des utilisateurs, des datacenters qu’elles concevaient et exploitaient et des applications qu’elles achetaient et configuraient. Tout était géré par ces directions informatiques.

Mais les utilisateurs et l’entreprise n’acceptent plus de faire « à la manière des directions informatiques », désormais, ils souhaitent pouvoir tout faire « à leur façon ».

Désormais, les moteurs du changement sont :
La consumérisation informatique, qui ne change pas uniquement la manière dont les utilisateurs travaillent, mais également leur relation avec leur direction informatique,
• L’avènement du cloud computing, qui redéfinit comment et où les applications et les données sont délivrées.

Il y a quelques années de cela, certains utilisateurs ont commencé à se révolter en refusant de porter à la ceinture à la fois leur téléphone personnel et leur téléphone professionnel. Ils voulaient choisir leur téléphone portable personnel et s’en servir pour accéder à leurs emails et annuaires professionnels, comme avec un téléphone d’entreprise. Ils voulaient que leur direction informatique s’occupe de la sécurité et de l’accès distant, mais ils voulaient également pouvoir stocker leur musique, leurs vidéos préférées et faire ce qu’ils voulaient avec. Eh bien maintenant, cette même évolution touche les périphériques principaux de l’entreprise. Finis les ordinateurs portables personnels avec iTunes et des jeux, posés à côté de l’ordinateur portable professionnel avec Office et l’accès VPN.

Quiconque a assisté à la conférence SXSW de South by Southwest peut en témoigner. Il y a encore un ou deux ans, il n’était pas rare de trouver au domicile un ordinateur portable d’entreprise, un Notepad professionnel, etc. Aujourd’hui, on trouve dans plus de la moitié de ces foyers un iPad ou une tablette, et chez de nombreux autres uniquement un Smartphone. Même chez ceux qui conservent encore un ordinateur portable, la variété de netbooks, de MacBook Airs, et d’autres marques montre clairement qu’il s’agit d’un périphérique personnel. Il est évident que le BYO est passé par là.

Mais il y a un autre changement de taille : ce ne sont plus les mêmes qui gèrent les applications, et ces dernières ne sont plus au même endroit. Les utilisateurs ont commencé par installer de moins en moins d’applications traditionnelles sur leur machine personnelle, privilégiant de plus en plus les services Web et les micro applications. Très peu de gens utilisent encore un client de messagerie pour les emails : tout le monde s’appuie désormais sur des solutions Web ou sur la micro application spécifique intégrée au périphérique mobile utilisé. Il en va de même pour les jeux, les vidéos, etc. Finis les téléchargements, bienvenue les portails de type Hulu ! C’est exactement la même chose en entreprise : finis Siebel et MeetingPlace, bienvenue à Salesforce et GoToMeeting ! Désormais, la tendance consiste à mélanger les applications cloud computing personnelles et professionnelles : les utilisateurs veulent pouvoir s’appuyer sur les mêmes services en nuage pour travailler et pour s’amuser.

Ma propre équipe est le parfait exemple de cette évolution. Nous avons créé et corrigé des présentations, des fiches et des livres blancs en vue d’une annonce prochaine. Il y a encore un an ou deux, nous aurions envoyé des emails à tout le monde. Si nous avions été particulièrement bien organisés, nous aurions même créé un portail SharePoint et utilisé son contrôle de version. Mais nous aurions alors été confrontés à des problèmes de VPN, aux limitations inhérentes au navigateur, etc. Aujourd’hui, nous nous appuyons sur le même fournisseur de stockage en nuage que celui qui me sert pour mes photos de Smartphone. Nous partageons l’accès à un dossier, apportons des corrections, non seulement à partir de nos ordinateurs, mais également depuis nos tablettes ou nos téléphones, quel que soit l’endroit où nous nous trouvions.

La consumérisation et le cloud computing obligent les directions informatiques à renoncer à acquérir et gérer les choses, pour plutôt garantir les choses.

Les directions informatiques réussiront à s’adapter si, au lieu d’acquérir et de délivrer des applications et des périphériques, elles s’attachent à garantir les performances, la disponibilité et la sécurité des services et des informations. Peu importe qui achète et gère les périphériques, les datacenters, les réseaux et même les applications. Mais pour que ces directions informatiques puissent accélérer le passage à la mise à disposition de services et en faire un des moteurs de la réussite de leur entreprise, encore faut-il que le réseau et le datacenter évoluent. Il faut que ce réseau et ce datacenter soient capables de prendre en charge non seulement la mise à disposition d’applications (c’est-à-dire la mise à disposition d’applications d’entreprise sur des périphériques d’entreprise), mais aussi la mise à disposition de services d’accès aux applications d’entreprise, aux applications cloud computing et aux données à partir de tout endroit et de tout périphérique.

…. Inéluctablement, les contrôleurs de mise à disposition d’applications, qui représentaient jusqu’à présent la « porte d’entrée » des applications, doivent évoluer pour permettre cette transformation. Ils constituent encore le meilleur choix, du fait de leur localisation et de leur intelligence applicative native. Mais d’autres composants (de type solutions intermédiaires ou réseaux plus intelligents de couche 3 et 4) apparaîtront pour faire le boulot et mettre en lumière les insuffisances des contrôleurs de mise à disposition d’applications.

La semaine prochaine, Citrix annoncera le lancement d’une nouvelle architecture révolutionnaire qui facilitera ce passage de la mise à disposition d’applications à la mise à disposition de services. Vous en saurez bientôt plus.