Rien ne sert d’essayer d’enfermer les nuages !

Le secteur des services informatiques à surveiller en ce moment est, sans nul doute, le Cloud Computing. Mais, l’expansion et l’adoption de cette nouvelle technologie est troublée par un très ancien débat informatique. Le cloud est le tout dernier champ de bataille de la guerre engagée entre systèmes ouverts et propriétaires dans les technologies du poste de travail avec le développement de Linux et de Windows, la navigation sur le Web avec Opera, Firefox, Chrome et Internet Explorer et Open Office destiné à concurrencer Microsoft Office.

La virtualisation affiche déjà des résultats positifs pour les entreprises ; les projections estiment que 20 à 50 pour cent d’économies sont possibles au niveau du budget informatique grâce à la virtualisation (Gartner Virtualisation Key Initiatives for CIOs, Oct 2010) et l’importance de la virtualisation devrait tripler d’ici à 2015 (Gartner Virtualisation Key Initiatives for CIOs, Oct 2010) mais les services informatiques sont encore peu enclins à faire le saut dans les solutions cloud plus avancées : moins d’un cinquième, par exemple, sont passés aux bureaux virtuels (Indice de virtualisation Citrix, janvier 2010).

Cette approche prudente n’est pas surprenante, les entreprises ont été lentes à adopter le cloud computing dans la mesure où il existe un risque de se trouver bloqué dans des systèmes qui ne sont pas interopérables avec d’autres systèmes ou infrastructures. Du fait des nombreuses options existant actuellement à tous les stades de la migration vers le cloud, ce risque est très réel et devient rapidement décourageant. Le désaccord fondamental autour de la philosophie du cloud, systèmes propriétaires et ouverts, est sans aucun doute à l’origine du problème d’adoption de celui-ci.

Le système de cloud computing propriétaire implique que tous les composants (hyperviseur, systèmes d’orchestration et d’automatisation et outils de mesure) proviennent tous d’un même fournisseur pour pouvoir fonctionner. Cette approche est celle adoptée par certains fournisseurs d’infrastructures cloud, qui cherchent à bâtir l’intégralité de la pile sur leur technologie propriétaire : le nuage est enfermé.

En comparaison, les propositions cloud ouvertes permettent de créer un système à partir d’un large éventail de fournisseurs compatibles. Cela permet aux entreprises de concevoir un système cloud optimal et répondant à leurs besoins spécifiques. Citrix soutient depuis longtemps le cloud en tant que plate-forme ouverte et souple, afin de permettre aux entreprises de réaliser les systèmes les mieux adaptés à leurs besoins avec une « facturation à l’utilisation » (pay-as-you-go): une offre de nuage ouvert et libéré.

Citrix est fermement convaincu que le secteur du cloud ne peut pas se développer ou aider l’informatique d’entreprise efficacement sans la souplesse permettant d’offrir des services personnalisés. Il ne peut pas non plus continuer à présenter un investissement à haut risque dû à l’achat initial et à la licence obligatoire afin de commencer à exploiter des applications info-nuagiques. C’est ce que font les offres de cloud fermé, et l’imposition d’un investissement initial conséquent avant tout retour potentiel fait du cloud computing un investissement à haut risque. Le temps où les services informatiques faisaient une chose parce qu’elle était « sympathique » est révolu ; le bénéfice pour l’entreprise doit être prouvé, et rapidement. Comment le cloud peut-il faire ses preuves s’il impose un tel investissement initial ? La réponse est simple : il ne le peut pas.

Une fois que les entreprises ont réalisé cet investissement initial, les solutions cloud fermées offrent une solution rigide, clés en main aux entreprises, mais en aucun cas la souplesse qui, dans cette période d’incertitude, doit être hautement valorisée. Dotées d’une infrastructure standardisée, avec des choix limités, les entreprises ne peuvent pas nécessairement bâtir les systèmes cloud correspondant le mieux à leurs besoins. Elles peuvent se trouver dans l’impossibilité de transférer les charges de travail au cloud afin de tirer parti de la résilience et des bénéfices économiques, incapables d’accéder à l’hyperviseur le mieux adapté à leurs opérations, ou même être déconnectées des applications cloud offrant le service le plus évolué à leur secteur. Une fois bloquées dans leur proposition cloud propriétaire, il devient extrêmement difficile de changer de fournisseurs à quelque niveau de l’infrastructure que ce soit. Du fait de ce choix limité et du « verrouillage » effectif, les infrastructures cloud ne peuvent pas offrir un service de qualité correspondant aux besoins de l’entreprise. Tant qu’elles n’obtiendront pas le service qu’elles demandent, les grandes entreprises ne développeront pas le cloud computing à une échelle convaincante.

Ce n’est pas seulement dommage pour les services informatiques, mais également pour les fournisseurs de services cloud. Les fournisseurs de services doivent se positionner comme offrant un service de qualité à leurs clients, ou adapter leurs prix afin de devenir le fournisseur « d’aide globale » le plus abordable. L’option la plus profitable et la plus clairvoyante de tout fournisseur de services consiste à créer le service le plus efficace pour un secteur vertical. En y ajoutant leur propre propriété intellectuelle et services, les fournisseurs peuvent créer une offre originale offrant une véritable valeur ajoutée à leurs clients.

Les couches propriétaireslimitent le choix à un nombre restreint d’options gérées par un fournisseur unique, au lieu de permettre une infrastructure reposant sur des technologies optimales. En l’absence de cette culture de « choix de combinaisons », les services du nuages deviendront des produits qui se distingueront uniquement par leurs prix et qui n’offriront pas la compatibilité avec une « couche » d’infrastructure cloud plus large en vue d’offrir un service de haut niveau. Les fournisseurs perdront leur capacité à offrir de la valeur à leurs clients et à se différencier grâce à la qualité de leurs services et à leur compréhension des besoins professionnels de leurs clients.

D’autre part, l’approche « écosystème » du cloud ouvert, offre une souplesse totale aux entreprises au niveau de la conception de leur propre infrastructure cloud à partir d’un éventail de fournisseurs, en fonction de leurs besoins. Ce système permet de créer une offre de facturation à l’utilisation souple, vers laquelle les entreprises peuvent migrer et évoluer progressivement, en fonction de leurs besoins spécifiques. Grâce à cette souplesse, les fournisseurs de services cloud peuvent cibler les secteurs dans lesquels ils peuvent être le plus efficaces et ajouter une valeur définissable. Grâce à l’écosystème, il est aussi possible d’assembler les composants répondant le mieux à l’instant t aux besoins de l’entreprise et de faire évoluer cette combinaison au fur et à mesure de l’évolution de l’entreprise, choisissant toujours les meilleures éléments du moment.

La migration vers le cloud progressera, non pas par le biais des fournisseurs de grandes « couches globales » mais grâce à la compatibilité universelle des solutions ouvertes et en permettant aux entreprises de suivre leur propre itinéraire dans le cloud. Ce modèle permettra aux fournisseurs de cloud d’assurer la motivation et la croissance des clients et de prouver un retour sur investissement direct. Pour les entreprises utilisatrices, une approche de type écosystème leur permettra de concevoir la plate-forme la mieux adaptée aux besoins de leur secteur avec un minimum de risques et d’accroître leurs possibilités d’implication dans le cloud.