Voici la première partie d’une série de posts dédiée au cycle de rafraichissement des PC dans les entreprises.

Le sujet mérite que l’on s’y intéresse dans la mesure où en coupant le lien jusqu’à présent indissociable entre matériel et logiciel, la virtualisation de postes révolutionne littéralement les processus d’achat, de gestion et de maintenance des PC.

L’un des plus gros postes du budget informatique de l’entreprise est représenté par le cycle régulier de remplacement des PC. Les analystes, les fabricants et la bourse suivent donc de près la façon dont les entreprises planifient leurs achats de PC. Ce cycle est généralement influencé par la relation étroite existant entre le matériel (plus précisément la puissance du processeur placé à l’intérieur du PC) et le système d’exploitation et les applications.

Au delà du simple vieillissement, ce sont les progrès réalisés par les systèmes d’exploitation et les applications qui poussent au remplacement du matériel. De même, le lancement de processeurs plus rapides encourage les développeurs logiciels à créer de nouveaux programmes s’appuyant sur ce surcroît de puissance.

Durant toute l’ère de l’ordinateur personnel, le matériel et le logiciel sont demeurés étroitement liés l’un à l’autre dans une relation d’interdépendance totale. Les entreprises adoptaient alors un modèle d’amortissement et de remplacement de ce matériel similaire à celui utilisé par exemple pour les véhicules de fonction. La durée de vie moyenne du matériel était estimée et son remplacement prévu régulièrement afin de maintenir les coûts annuels les plus stables possibles. Pour les PC, cette durée de vie moyenne était le plus souvent estimée à trois ans, et les entreprises procédaient donc chaque année au remplacement d’environ un tiers de leur parc informatique.

Dans les faits, bien sûr, les opérations de fusion ou d’acquisition venaient impacter ce schéma bien huilé. Une forte croissance organique imposait souvent des achats supplémentaires, des résultats médiocres avaient au contraire pour conséquence un arrêt temporaire des achats et leur décalage dans le temps. Une restructuration de l’entreprise pouvait générer une vente massive de PC. Différents facteurs externes, comme l’environnement économique, ou l’annonce du prochain lancement d’une version logicielle majeure, pouvaient également influencer la date de l’achat. Le transfert effectué par certaines entreprises de la gestion de leur parc de PC au profit d’un prestataire externe se traduisait plus souvent par le remplacement radical de tous les PC que par un remplacement progressif des PC les plus anciens. Mais, d’une manière générale, malgré tous ces cas de figure, tout le monde s’accordait plus ou moins autour de cette notion de cycle tri-annuel de rafraichissement de PC toujours plus performants et liés étroitement à leurs logiciels.

En dissociant le matériel PC du logiciel, la virtualisation de postes vient bouleverser ce modèle. Grâce à la virtualisation de postes, un poste de travail logiciel peut opérer en toute indépendance vis-à-vis du matériel utilisé pour l’héberger. Les technologies de virtualisation de postes sont nombreuses et variées : infrastructure de poste virtuel hébergée (VDI ou bureau partagé) et virtualisation d’applications (via hébergement ou streaming) pour les PC destinés aux utilisateurs standards, postes streamés ou postes hébergés localement sur machines virtuelles (s’appuyant sur des hyperviseurs de type 1) pour les utilisateurs mobiles devant bénéficier de ressources locales puissantes, etc. Peu importe où et comment le poste et les applications de l’utilisateur s’exécutent (côté client ou côté serveur), ce qui importe, c’est que l’environnement informatique est intégralement géré et délivré à partir du datacenter.